Une chose à la fois


J’aime planifier : ma journée, ma semaine, les mois et les années à venir… Je prends beaucoup de plaisir à le faire. Ça me procure une sensation de calme et une illusion de contrôle. Ça me rassure. J’ai donc tendance à me projeter dans le futur très facilement ; à penser ce que je vais faire à manger ce soir ; à prévoir la route et le temps qu’il me faut pour arriver à mon rendez-vous le lendemain ; à définir mes dates et destination de vacances pour cet été… Et même si ce trait de caractère peut m’être très utile (je suis très organisée, j’oublie rarement des choses, je suis toujours à l’heure…) parfois, ça peut devenir très fatigant, très vite.


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Pour les petites choses, ça n’a pas un énorme impact. Mais il m’arrive parfois de le faire pour les grandes choses, les choses importantes. Quand j’ai quitté mon CDI l’été dernier, je ne savais pas encore si je voulais être professeur de yoga à plein temps. Je m’imaginais avoir un projet professionnel autour du bien-être au travail et donner des cours de yoga à côté. Et je n’avais pas encore commencé à donner des cours, que je me demandais déjà ce que je ferais si, à long terme, enseigner le yoga ne m’épanouissait pas complètement.

C’est lors d’une de mes pratiques de yoga j’ai pu observer clairement cette pensée. J’étais en train de douter et d’analyser les éventuelles issues d’un évènement qui n’existait même pas à ce moment-là. Je voulais commencer à planifier et à anticiper le futur du futur !


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D’un côté, c’est complètement normal de le faire. Aujourd’hui, on vit dans un monde qui nous offre plein de possibilités et on a souvent la chance d’avoir beaucoup de choix. Naturellement, on a envie de tout tester. Nous voulons voyager partout ; travailler partout ; regarder toute la programmation de Netflix ; lire tous les livres ; écouter tous les podcasts ; aller voir les expos, les films, les pièces de théâtre ; déguster tout type de cuisines ; dénicher plein de nouveaux restaurants ; tester tous les sports ; et même dans notre façon de nous habiller, nous voulons changer souvent. Parce que c’est possible. Parce que ces choix sont souvent à portée de main. Parce que les autres le font aussi.

Et comme les choix sont infinis, tout d’un coup on se demande : « Par quoi commencer ? », « Que dois-je faire ? », « Et si je fais le mauvais choix ? », « Et si ça ne me plaît pas ? », « L’autre choix m’aurait peut-être plu davantage » …


Mais la réalité c’est que nous ne pouvons pas être partout, ni faire tout. Déjà parce que nous n’avons pas le temps. Et deuxièmement, parce que même si nous arrivons à caler un maximum d’expérience dans notre agenda (et si notre corps suit), il est presque certain que nous ne pourrons pas tout faire en conscience. Parce que déguster quelque chose, le consommer en conscience, prend du temps. Aujourd’hui, on est souvent entraîné par la frénésie des grandes villes et du monde digital. Nous avons donc envie de croquer le monde à pleines dents, mais presque de façon boulimique.



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Une des choses les plus précieuses que j’ai apprise concernant mon rapport avec la nourriture, est de manger en conscience. Apprendre à savourer chaque morceau, chaque texture, toutes les saveurs et ingrédients mélangés dans un plat. Ça prend du temps et de l’énergie. L’esprit a envie de s’évader et de penser à d’autres choses. Mais si on est capable de garder le silence et de revenir à chaque fois sur nos sensations, sur nos gestes, cette expérience devient riche et très puissante.



La méditation nous aide à faire cela. Nous apprenons à notre esprit comment se concentrer sur l’instant présent. À prendre du recul par rapport à nos pensées, qu’elles soient des projections du futur ou des souvenirs du passé. Expérimenter le silence peut aussi nous aider à nous recentrer. Tout d’un coup, les activités les plus banales prennent une autre dimension et nous pouvons y voir plus clair. Cela nous permet aussi d’approfondir nos connaissances sur un sujet. Si nous ne sautons pas d’une pierre à l’autre, nous arrivons à explorer en détail chaque expérience et à enrichir notre développement.



Ma décision est maintenant prise. Je veux devenir professeur de yoga à plein temps. Je veux m’immerger dans la philosophie ; prendre le temps de décortiquer les postures ; accompagner mes élèves et les aider. J’ai envie de transmettre et pour cela j’ai besoin de continuer à apprendre, en profondeur. Je ne veux pas rester dans la surface. J’aimerais vivre cette expérience pleinement et en conscience. J’avance donc petit à petit. Une chose à la fois.


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