PUISSANCE ET LIBERTÉ. GARUDASANA (posture de l’aigle)


À quand remonte la dernière fois que vous vous êtes senti(e) libre et vigoureux(se) ? Parfois, on a l’impression que ce sentiment nous échappe. Dans les moments de tourbillon, de flou, d’instabilité, on peut même penser qu’on ne se sentira plus jamais comme ça. Dans mon cas, je me rappellerai toujours cette sensation quand je suis venue en France. C’était mon rêve d’étudier dans ce pays depuis que j’avais 9 ans. Donc, quand j’ai pris l’avion pour traverser l’océan Atlantique pour la première fois, j’avais l’impression que c’était moi qui volais.


Quand nous avons besoin d’un coup de boost, se remémorer ces passages de nos vies peut nous aider à retrouver l’excitation et l’énergie nécessaire. Dans notre pratique de yoga, le tapis peut aussi devenir un terrain de jeu pour retrouver ces mêmes sensations. A travers notre corps, nous pouvons sentir que nous volons, que nos muscles nous portent et que nous pouvons, enfin, nous libérer.


« Notre peur la plus profonde n'est pas de ne pas être à la hauteur ; notre peur la plus profonde est que nous sommes puissants au-delà de toute limite. C'est notre propre lumière et non pas notre obscurité qui nous effraie le plus. »

Marianne Williamson


Un animal qui représente très bien ces deux notions est l’aigle. Depuis des siècles, l’aigle a été aux côtés des Dieux (Jupiter, Vishnu…), l’emblème des empereurs (César et Napoléon), le symbole de courage et de sagesse (Saint Jean l’Évangile ou les guerriers aztèques aigles). C’est le roi des cieux et des créatures qui volent, le porteur du feu divin. L’aigle peut nous apprendre à prendre de la hauteur et à changer de perspective tout en restant ancré(e).



Il est donc étonnant que la posture de l’aigle (Garudasana) ne soit pas une posture plus expansive d’un point de vue corporel. En Garudasana, on se replie sur soi-même et on reste près du sol. Il faut donc aller chercher une explication dans la mythologie hindoue. Garuda est un personnage mythique à tête d’aigle et corps d’humain. Il est la monture de Vishnu et est donc lié à sa mission de préserver et de protéger la Terre et transmettre la connaissance (Védas) aux Hommes. Il est né d’un énorme œuf et est apparu rayonnant et brillait comme 1,000 soleils. Les Dieux, craignant sa puissance, lui implorèrent de réduire sa taille et son énergie. Garuda a aussi la capacité de réduire sa taille à souhait pour accomplir ses missions.


Dans l’épisode du barattage de la mer de lait, les dieux et les démons doivent soulever le Mont Madara qui leur servira d’outil pour baratter la mer et ainsi récupérer l’élixir d’immortalité (Amrita). Lorsqu’ils se rendent compte que la montagne est trop lourde, Vishnou arrive sur Garuda, soulève la montagne et la place sur le dos de Garuda qui l’amène ensuite au milieu de la mer de lait. Le barattage peut alors commencer…


Alors, on peut imaginer que cette posture de yoga nous invite à réfléchir à ces aspects plus subtils de notre puissance intérieure. Comme Balzac l’exprimait dans la Comédie Humaine : « La puissance ne consiste pas à frapper fort ou souvent, mais à frapper juste ». Dès que nous savons que notre puissance est là, prête à être déployée quand nécessaire, Garudasana nous apprend à concentrer notre énergie pour mieux la déployer ensuite ; à réduire notre taille, comme Garuda, lorsque c’est nécessaire, pour accomplir notre mission. Et cela, n’enlèvera rien à notre force intérieure ni à notre liberté.

Et puisqu’on finit par parler de liberté, il est important de se rappeler des sages mots de Mahatma Gandhi :


« La liberté n’a pas de valeur si elle ne comprend pas la liberté de faire des erreurs. »

Mahatma Gandhi


Alors, prenons notre pratique de yoga comme un opportunité d’utiliser notre énergie pour déployer notre puissance de la meilleure façon, en nous sentant libres d’accommoder les postures comme nécessaire et en se permettant de ne pas être parfaits à chaque étape du chemin.

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